Rencontre avec deux pointures du Grand Raid : Thierry CHAMBRY et Myrielle HOAREAU

Interview de champions du Grand Raid par les élèves du Club UNESCO

lundi 1er octobre 2012, par Gilles Gauvin

Lors de notre rencontre le 19 septembre 2012 avec deux coureurs expérimentés du Grand Raid, nous avons discuté de leur état d’esprit à l’approche de cette course mythique.


Bonjour à vous et merci d’être avec nous aujourd’hui, nous vous proposons pour commencer de vous présenter.

Bonjour, moi c’est Myrielle Hoareau, j’ai 46 ans, deux filles et suis mamie. Je suis une créole de La Réunion et dans la vie, je travaille en tant qu’assistante dentaire. J’ai commencé à marcher après la naissance de ma deuxième fille, surtout pour perdre du poids et depuis je n’ai pas pu m’arrêter. Ce Grand Raid sera le 7ème auquel je participe et ne sera certainement pas le dernier !

Bonjour, je m’appelle Thierry Chambry, j’ai 44 ans et 3 enfants. Je suis un métropolitain, plutôt comme on dit ici un Zoreille et je vis à la Réunion depuis 1999. Je ne suis jamais resté aussi longtemps quelque part, l’île a réussi à me faire tomber amoureux d’elle. En ce moment, je suis devenu guide de montagne et en suis déjà à mon 8ème Grand Raid. Le premier était en 2002, je suis arrivé 61ème et j’ai repris en 2006 où je suis arrivé 4ème et enfin vainqueur en 2007 (ndlr parcours terminé en 23h 33 min et 41s cette année)

Adolescents, étiez-vous sportifs ?

Myrielle  : Non, je n’étais pas très sportive au contraire même je détestais le sport et étais un peu ronde.

Thierry : J’étais un adolescent normal : comme « toute personne » je pratiquais du football, du basket, du handball...

Et quand trouvez-vous le temps de vous entraîner ?

Thierry : Je m’entraîne quasiment tous les jours : je vais et rentre du travail en courant et je cours en montagne le week-end, sans coach, ce qui donne environ 10 à 20 heures par semaine sans oublier une petite heure de musculation que je case dans mon emploi du temps.

Myrielle : Moi, je m’entraîne après le travail mais plus souvent le week-end en faisant du vélo ou de la marche en montagne avec mon groupe d’amis et mon mari qui maintenant me suit.

Et justement, par rapport à ces entraînements, avez-vous un régime particulier à suivre ?

Myrielle : Alors là, je suis très gourmande donc pas de restriction alimentaire !

Thierry : Il faut surtout manger équilibré, un peu de tout.

Par rapport à votre famille, comment cela se passe-t-il ? Ils vous soutiennent ?

Myrielle : Comme je le disais, mon mari me suit lors des grandes sorties entre amis, et puis mes filles sont déjà grandes alors oui il y a des sacrifices, mais c’est gérable.

Thierry : Ils sont passionnés eux aussi vous savez et puis quand je sors un week-end, le week-end suivant on essaye d’être ensemble, de rattraper le temps « perdu ».

A l’approche du Raid, comment vous sentez vous ? Votre sac est-il prêt ?

Thierry : Personnellement je dors beaucoup plus que d’habitude, et je réduis mes entraînements. Pas question de dépasser ses limites, il ne faut pas abuser des compétions, entraînements etc... et savoir se limiter.

Myrielle : Il faut faire le plein d’énergie parce que c’est la nuit qu’on « gagne du terrain » et il faut donc rester éveillé lors de la course. Avec du café, un peu de Coca et puis des choses qu’on aime manger, pour moi des patates et du manioc, car il faut quand même que ça nous tienne au corps, un petit réconfort en quelque sorte.

Thierry : Ne pas oublier l’essentiel tout de même : boisson énergisante, des barres, du gel, une trousse de secours, une couverture de survie et un K-way.

Et que vous apporte le Grand Raid ?

Myrielle : Le Grand Raid, je l’ai vu pour la première fois à la télé et je marchais déjà pour éliminer les médicaments dans mon sang. Ensuite, j’ai eu un cancer du sein et la course de montagne m’a beaucoup aidée et depuis je n’ai plus eu envie de m’arrêter. Beaucoup de femmes ont été atteintes de cette maladie et je lutte en parallèle à ma vie professionnelle et sportive, pour cette cause qui me tient à cœur.

Thierry :J’ai aussi vu le Grand Raid à la télé et cela m’a donné envie de tenter l’expérience. À l’époque j’étais fumeur et lorsque j’ai arrêté de fumer, la marche m’a permis de combler le manque de cigarettes. Le fait de marcher en montagne m’a fait découvrir les magnifiques paysages réunionnais ; depuis je suis tombé amoureux de l’île. J’ai remarqué aussi que la mentalité à La Réunion n’est pas la même qu’en France métropolitaine, ici les Réunionnais sont vraiment sympathiques, j’aime beaucoup leur mentalité, ils vous aident. Et le peu de barrière qu’il peut y avoir disparaît complètement en montagne.

Le parcours du Grand Raid a été rallongé cette année (ndlr 170 km), comment faites-vous pour tenir sur une aussi longue distance ?

Myrielle : Ce qui nous permet de tenir c’est le mental, il faut être préparé c’est sûr, mais tout est dans la tête. Il y a 15 jours, à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, il s’est mis à neiger ; première fois que je voyais de la neige ! La course offre ces petites joies qui nous permettent de tenir jusqu’au bout.

Thierry : Mon secret, ce sont les moments passés avec ma famille. Je les emmène dans mon sac et quand je suis dans le sentier, je les ressors pour me donner de la force.

Très bien, merci d’avoir répondu à nos questions, nous vous souhaitons bien du courage pour la course qui approche et comptez sur nous, nous viendrons vous voir et vous encourager !

Entretien réalisé par Rachel PAYET (TES) et Manon MONAY (2e6) du Club UNESCO

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Une assistance captivée par la rencontre Thierry CHAMBRY Myrielle HOAREAU Photo souvenir après 1h30 d'entretien

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